|
|
|
Bref résumé de l'histoire du village |  Quelle est l'origine du nom ? |  | Plusieurs hypothèses existent:
Selon une première , tirée du livre du Professeur Albert Carnoy "Origines des noms des communes de Belgique", il s'agirait d'un génitif du nom germanique "Idain". On partirait donc de "Idanis" > "Idaynis" > "Ienes" (la prononciation a été longtemps "Yèn") qui se contracta en souvent en "înes". Une dépendance d'Isnes s'appelle "Isnes-les-Dames". C'est un déformation "d'Ynnes-les-Damiestres". Une autre dépendance est "Isnes-Sauvage" = "Isnes au bois"... Il existerait par ailleurs un hameau "Les Isnes" à Hingeon.
L'abbé Joseph Toussaint retient quant à lui que le nom "Isnes" vient probablement du latin "Idonis villa', la villa ou la ferme d'Idon. Il est apparenté à celui d'Itegem dans le canton d'Heist-op-den-Berg (arrondissement de Malines).
Une troisième hypothèse est avancée par Marcel Bologne (Petit guide des noms de Wallonie). Selon lui, "Isnes" signifie "les hièbles" (sureaux à tige herbacée). Damestres, rencontré au 13 ième siècle à propos d'Isnes-les-Dames, indiquerait des animaux domestiques. Par opposition, "Sauvages" ferait allusion à des bêtes non apprivoisées.
Isnes se prononce Yne. Cet usage est extrêmement ancien. L'acceptation Isnes, qui prévalu dès ke début du XVIIe siècle, confirme ce point de vue. On sait qu'autrefois l'accent circonflexe n'existait pas: la voyelle qui doit aujourd'hui en être munie était suivie de la lettre "s". Ainsi "tête" s'écrivait "teste" et îne "isne". Malgré l'emploi de l'accent circonflexe qui provoqua l'élision de la lettre "s" dans certains mots, Isnes, comme de nombreux noms de lieux et de personnes, conserva son ancienne orthographe.
La particularité du nom du village réside dans l'article déterminatif qui en forme la première partie. Un habitant peut dire "mon village s'appelle Les Isnes; je suis citoyen des Isnes; je retourne aux Isnes". En effet, le village est composé de 2 hameaux qui portaient l'un le nom de "Isnes Sauvage" et l'autre "Isnes-les-Dames".
La partie sud-ouest de la localité se nomme "Isnes-les-Dames". Cette apellation trouve sans doute son origine dans le fait que des carmélites chaussées de Namur détenaient des propriétés à cet endroit. La ferme dite "des Dames blanches" leur appartenait. Le quartier nord du village est quant à lui dénommé "Isnes-Sauvage" car il aurait été défriché tardivement et n'était guère peuplé. |
|  Evolution du nom "Les Isnes" |  |
| 1060 |
Idensis ecclesia |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
| 1229 |
Idensis |
1249 |
Enes |
1265 |
Ynnes les Danriestres |
1289 |
Ynes les Danriestres |
|
|
|
|
|
|
|
1265 |
Ynnes les Sauvages |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
1265 |
Ynes - Ynnes |
|
|
|
|
|
| 1306 |
Ynes les Savages |
1390 |
Ynes le Damestre |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
| 1474 |
Ynes la Damestres |
1497 |
Eynest le Dommerst |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
1497 |
Aynez le Sovaige |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
| 1552 |
Ysnes le Dameiste |
1558 |
Ynes Domestica |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
1558 |
Eynes le Domeyste |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
1558 |
Eynes le Savaige |
|
|
|
|
|
|
|
| 1632 |
Yme le Dame |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
| 1708 |
Isnia Sylvestris |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
| 1708 |
Isnia Domina |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
| 19ième |
Les Isnes |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|  La préhistoire | De la préhistoire il n'y a pas grand chose à dire, probablement par suite du manque de fouilles. Nous savons simplement qu'en 1916 un habitant, Vital Hermand, a trouvé une hache en silex dans un terrain en pente situé du côté du bois de Raidi. Gris-blanc, cet instrument était poli. Il datait du Néolithique.
|
|  L'époque romaine | Le 21/08/1914, les allemands avaient creusé des tranchées près de la ferme de la Malmaison, dans la campagne du Fayt et son voisinage. Peu de temps après, le prémontré Joseph Jansen, curé de Beuzet, ramassa dan un champ numéroté 133 au cadastre, au milieu des terres des tranchées comblées, des fragments de tuiles et des débris de vases. Il s'agissait sans doute de vestiges d'habitations romaines.
|
|  Le moyen-âge | L'époque mérovingienne : De cette époque, on possède quelques témoins : * Vers 1909, Lucien Trefois, des Isnes, a trouvé dans les déchets de la carrière au lieu-dit "les Marayes", non loin du bois de raidi, une petite urne grise. * En 1916, on a décelé au bois de Raidi la présence d'une tombe mérovingienne, privée de mobilier. Elle était entourée de pierres. Tout autour gisaient des tessons et des morceaux de tuiles romaines.
Les chevaliers : Dans le bas moyen âge résidaient aux Isnes des chevaliers: tel Jean Le Clerc d'Isnes, au milieu du XIII e; tel aussi Libert d'Isnes, dont on possède un sceau armorié de 1283.
La location de la terre : Comme beaucoup de seigneuries du comté de Namur, la location de la terre n'était guère élevée aux Isnes à la fin du XIII e s. Elle consistait dans la livraison de 2,5 à 2,6 muids d'épautre et dans le versement de 180 à 187 deniers namurois (le denier valait 0 gr 45 d'argent fin).
Les censes plantureuses : De fort belles censes s'étendaient aux Isnes: * Celle des Dames blanches : il semble qu'elle ait donné son nom au quartier occidental d'Isnes. Les Dames blanches, carmélites chaussées, s'étaient établies à Leffe en 1445 mais leur couvent fut détruit par l'armée du duc de Bourgogne, lors du siège de Dinant en 1466. Charles le Téméraire leur permit, en 1467, de se fixer à Namur. Elles y vécurent sous la direction des carmes chaussés.
* Plantureuse était également aux Isnes la cense de la Tour. Pareille appellation se retrouve dans d'autre localités (Mazy, Grand-Manil, ...) Il s'agissait d'une ferme fortifiée. Sa protection était assurée par un "donjon", des portes solides et d'épaisses murailles.
La recluse : Le nécrologe de l'abbaye norbertine de Floreffe mentionne une Marie, recluse (qui vit enfermée, isolée du monde) d'Isnes au XVII des calendes de février (16 janvier). |
|  Les seigneuries | Le Comte de Namur Isnes-les-Dames et Isnes-Sauvage constituaient des seigneuries hautaines, dépendant directement du Comte de Namur comme faisant partie de son domaine. En 1289, il y percevait la taille 2 fois par an, à Pâques et à la Saint-Remy (1er octobre). Celui qui possédait 3 chevaux ou plus lui donnait 3 sols; celui qui en avait 2, 18 deniers et 12 deniers pour un seul. Celui qui n'en possédait pas ne payait que 6 deniers. Le Compte recevait ainsi annuellement 18 sols à Isnes-les-Dames et 5 sols à Isnes-sauvage. A la St Remy, il percevait également un impôt par feu (habitation), appelé soignie. Chaque ménage lui apportait 2 setiers d'avoine. Il obtenait ainsi en tout 26 setiers (1 setier namurois = +/- 30 L). En outre, il touchait la taxe levée à l'occasion du pâturage des porcs. Cet impôt lui avait fourni en 1265 à Isnes-les-Dames 3 sols et en 1289 à Isnes-Sauvages 4 sols. Il exerçait également toute justice et possédait les droits féodaux: la mortemain et la formorture (droits de succession), les commands et les corvées (prestations dues par les habitants en raison de leur protection), l'ost et la chevauchée (service militaire). Les 2 seigneuries furent fusionnées, sans doute au XVI ème S.
En 1414, Guillaume II, Comte de Namur (1391-1418), accorda aux Isnes l'exemption de la formorture et de la banalité du moulin.
En 1626, alors que les seigneuries étaient déjà fusionnées, il existait aux Isnes 1 chapelle, 6 censes, lesquelles totalisaient avec les terres, prairies, bois et pâtures : 13,5 charrues (la charrue valant 30 bonniers de 94 ares 61 ca). 7 manants exploitaient en tout 5 quarts de charrue.
Au Raidi, la communauté possédait un "trieu" (terrain vague) d'environ 6 à 7 bonniers.
Le 31/10/1755, la seigneurie hautaine des 2 Isnes fut engagée pour 1250 florins par le gouvernement de Marie-Thérèse d'Autriche à Pierre-François-Joseph Zualart. Jacques-Joseph Stassart, conseiller, procureur général de Sa Majesté en son conseil provincial de Namur, et Cornélis Joseph Wasseige, procureur et notaire en ce conseil, opérèrent le cerclemenage (reconnaissance des limites) des 2 Isnes, du 7 au 09/01/1756. Ils constatèrent que la seigneurie était bornée par celles de Beuzet, Golzinnes, Bovesse, Rhisnes, Temploux, Spy et Hermoie. Après quoi, ils enjoignirent aux manants réunis dans la chapelle, de reconnaître Pierre Zualart comme leur seigneur. Celui-ci était également seigneur de Golzinnes. Le 06/09/1765, il acquit des frères et soeurs "de Le Mède" la cense d'Isnes-les-Dames pour 16000 florins d'argent de change.
Quelques noms de seigneurs fonciers Libellon d'Ynes (cité en 1265) - Simon de Fumal Libert d'Ynes (cité en 1292 et 1310) - William de Fumal (1469) Jehan d'Ynes (1317) - Herman de Jamblinnes (mort en 1656) Henri de Robionoy (1421) - Pierre-François de Zualart (1755) Jean de Bossimé (mort en 1437)
|
|  Les Temps Modernes | Recensement Dans le cadre du paiement d'un impôt, des recensements eurent lieu. Il s'en pratiqua par exemple un dans le baillage de Fleurus, en 1469. On recensa alors à Isnes-les-Dames cinq feux et à Isnes-Sauvage deux feux. Il se trouvait donc dans le village 7 maisons.
Les guerres Comme toutes les localités de la région gembloutoise, les Isnes souffrirent beaucoup des guerres et des passages de troupes, surtout durant le XVIIe s. En 1690, Herman Pentville, censier des Dames Blanches, signala aux députés de l'état noble de Namur qu'à cause des réquisitions opérées par l'armée hollandaise, campant à Mazy et environs au cours de l'été 1689, il avait perdu la production en grains d'au moins 24 bonniers. En 1692, dans le dessein d'aller assiéger Namur, l'armée de Louis XIV partit du "Docq" (Tongrinne) le 25 mai. Elle campa à Mazy et aux Isnes le 3 juin. Venant de Vichenet, le centre droit de la même armée passa aux Isnes dans sa progression vers Saint-Denis. En janvier 1790, au cours de la Révolution brabançonne, les Isnes eurent à loger 2 compagnies d'une centaine d'hommes, l'une le 10 et l'autre le 12.
Le partage des biens communaux Le 01/07/1775 s'effectua le tirage au sort des portions des biens communaux situés au Raidi et au Ban. 21 bénéficiaires reçurent chacun environ 340 verges.
La représentation des Isnes à Namur en 1793 Les habitants des Isnes voulurent s'entendrent avec ceux de Beuzet pour désigner un délégué provisoire qui les représenterait à l'assemblée souveraine du pays et comté de Namur, car ensemble, ils seraient en nombre suffisant pour le faire. Mais les interlocuteurs refusèrent cette invitation sous prétexte de divergences d'intérêts. Les gens des Isnes demandèrent alors au 44 élus de la ville de Namur de tenir ce rôle. Ils souhaitaient en effet obtenir par leur intermédiaire la suppression de la manandise, la répartition équitable de tous les impôts, la restitution des emprises opérées sur les biens communaux, l'abolition de tous les droits seigneuriaux, le pâturage dans les taillis et les bois des Quatre Buissons, le maintien de l'ancienne constitution et de la religion catholique. |
|  L'époque contemporaine | Le régime français Nos principautés furent annexées à la France le 1er octobre 1795. Isnes cessa d'être une seigneurie hautaine. Elle devint une commune du canton de Gembloux dans le département de Sambre-et-Meuse. Le 22 mai 1811, son maire, Exupère de Franquen, fut nommé inspecteur des chemins vicinaux dans une partie du département: Suarlée, Artey, Falise, Bossière, Golzinnes, Vichenet, Beuzet, Ferooz, Mazy, Onoz et l'arrondissement de Namur se trouvèrent placés sous sa juridiction. Le 17 octobre 1812, la quartier de Saussin, incorporé jusque là à Spy, fut rattaché à Isnes.
Le régime hollandais Le 01/04/1815, Guillaume 1er ordonnait la levée de 25000 hommes. Isnes fournit 2 soldats, Beuzet 4, Bossière 5 et Mazy 5. Le 17 juin, on apprit à Isnes l'approche de hussards français. Les Prussiens, occupant la localité, partirent. Ils abandonnèrent des chariots chargés de linge, d'habillement, d'objets de ménage; fruit de leurs larcins. Des habitants d'Isnes s'en emparèrent, mais ils durent les rendre à la mairie en vue d'une restitution à leurs propriétaires. Après la retraite française consécutive à Waterloo (18 juin), il restait dans la région d'Isnes nombre de cadavres d'hommes et de chevaux inhumés à une profondeur insuffisante. L'intendant de Sambre-et-Meuse, De Bruges, ordonna un ensevelissement adéquat. Il nomma comme inspecteur des travaux la maire de Rhisnes tandis que celui des Isnes, Exupère de Franquen, remplissait cette fonction à Bossière et à Mazy.
La situation générale vers 1830 Vers 1830, la situation générale aux Isnes paraissait largement satisfaisante pour l'époque. La commune comptait alors 327 habitants: 129 à Isnes-les-Dames et 198 à Isnes Sauvage. L'agriculture était en plein rendement. On cultivait le froment, l'épautre, le seigle, l'orge, l'avoine, le colza, le lin et le chanvre. Pour une année commune, la récolte atteignait 2500 rasières de froment, 1400 de seigle, 1100 d'orge, 2000 d'avoine (la rasière valant sans doute quelque 60 litres). On produisait également du trèfle, des féveroles, des pois, des betteraves, des carottes, etc ... On exportait des pommes de terre. Les vergers donnaient des pommes (belle-fleur et reinettes court-pendu). Ces fruits étaient vendus à des fabricants de vinaigre. Les 4 bonniers (de 94a 61ca) de prairies naturelles permettaient de recueillir 8400 kgs de foin: quantité d'ailleurs insuffisante pour la consommation locale. Les grands exploitants agricoles cultivaient de 65 à 112 bonniers. L'élevage concernait les chevaux, bêtes à cornes, porcs, moutons, volaille et abeilles. La laine était négociée sur place. On exposait pour les vendre le beurre et les oeufs au marché de Namur. Sur les 7 gros fermiers recensés aux Isnes, 4 comptaient dans leurs troupeaux de 200 à 300 moutons. On comptait aux Isnes 90 chevaux de tout âge. Les carrières de pierre fournissaient des cailloux utilisés pour les chemins. Les 50 maisons étaient construites, soit en pierres provenant d'Isnes Sauvage, soit en briques fabriquées sur place. Les toits étaient couverts de chaume, sauf les fermes et les demeures cossues où étincelaient les ardoises. La journée d'un homme se payait 25 cents, celle d'une femme ou d'un enfant, 17 cents. La plupart des ouvriers travaillaient dans les fermes ou dans les filatures (laine et chanvre). La population comptait aussi des maçons, charpentiers, paveurs, 2 maréchaux ferrants, un charron et un fabricant de tabac.
De l'indépendance à la première guerre mondiale Le 28/02/1833, la localité comptait 160 âmes. En août et septembre 1834, des chasseurs à cheval cantonnèrent aux Isnes. Vers 1850, les habitants adressèrent une supplique au Roi Léopold Ier. Ils lui demandèrent la faveur de posséder une maison d'école, une église, un presbytère et de voir reconnaître leur commune comme un succursale dans le doyenné de Gembloux. Nous y lisons ces lignes émouvantes: "Nous n'avons aucun établissement d'instruction, même privé, ni église, prêtre ... Sous ces rapports, nous relevons principalement de Temploux, dont le clocher paroissial est à 4 kms du centre de notre population ...Les chemins communaux sont mauvais et ordinairement boueux... Cette commune ne possède ni biens, ni revenus... Elle n'a jamais été l'objet du moindre subside... Enfin, comparativement, on nous trouve fort arriérés...". En 1853-54, fut construite la route Eghezée-Saussin. En 1875, le typhus sévit dans le village: en 4 mois, il atteignit 27 personnes dont 6 mortellement. Le 04/04/1877, le commissaire d'arrondissement de Namur rejeta la demande du conseil communal des Isnes concernant le rattachement au village du hameau de la Sablonnière, dépendant de Bossière. Le 16/07/1880, furent officiellement supprimées les appellations 'Isnes-Sauvage" et "Isnes-les-Dames". Le 04/11/1890, Isnes intervint dans les frais d'établissement du chemin de fer vicinal Namur-Onoz par Temploux. 1903 fut l'année de l'installation du téléphone, 1925 celle de l'électricité et 1935 celle de l'eau. En août 1913 se tinrent, dans la région de Saussin, des grandes manoeuvres militaires. Y étaient présents le Roi Albert Ier, l'empereur d'Allemagne Guillaume II, des attachés militaires de France, Angleterre et Italie.
|
|
|
| Harry MICHEL 2007. | samedi 21 novembre 2009 |
|
|
|