L'église et le culte aux Isnes

La seigneurie des Isnes dépendait de 2 paroisses.

L'historien Gaillot a noté qu'en 1789 Isnes-Sauvage appartenait à la paroisse de Bossière et Isnes-les-Dames à celle de Saint-Denis.
L'abbé Toussaint retient quant à lui que sous l'ancien régime Isnes-les-Dames relevait de la paroisse de Bossière tandis qu'Isnes-Sauvage dépendait de celle de Temploux.
En fait, jusqu'à la création de la paroisse et la construction de l'église en 1859, Isnes-les-Dames a toujours dépendu de Bossière et Isnes-Sauvage, qui était fort modeste, dépendait sous l'ancien régime de Saint-Denis et, de 1804 à 1859, de Temploux.

Quoi qu'il en soit, les habitants, devant parcourir plusieurs kilomètres par monts et par vaux pour se rendre à la messe, émirent le souhait de voir résider chez eux un curé ou du moins un chapelain.





29/05/1786: recensement des paroisses rurales.

Une ordonnance de l'empereur Joseph II, en date du 29/05/1786, avait prescrit un recensement des paroisses rurales en vue de leur nouvelle répartition.
Voici en substance la réponse qu'y apportèrent les gens des Isnes par l'intermédiaire de leur cour:

"Isnes-les-Dames, possédant 185 habitants, relève de la paroisse de Bossière, distante d'une petite lieue. Pour s'y rendre, il faut traverser une grande montagne (!!) et un ruisseau qui déborde fort souvent. Isnes Sauvage, comptant 63 habitants, dépend de la paroisse de Saint-Denis, distante d'une forte lieue. L'hiver, le chemin devient impraticable, à cause du terrain marécageux.
Il existe aux Isnes une chapelle, dont les revenus s'élèvent à 4 muids d'épautre et à 5 florins d'argent. Elle est munie d'un calice et de 2 ornements. Une messe basse y est célébrée le dimanche et les jours de fête, sauf Pâques et en 5 autres circonstances, où il faut se rendre à Temploux. Or, la distance séparant les Isnes de cette localité est d'une forte demi-lieue. Les ravins à traverser sont souvent encombrés par la pluie ou par la neige.
Les habitants des Isnes souhaitent la résidence chez eux d'un curé ou du moins d'un chapelain. Plus d'une fois, des gens de leur seigneurie sont morts sans avoir pu recevoir les derniers sacrements."

Les Isnes ont été érigés en paroisse dans le diocèse de Namur et le doyenné de Gembloux par arrêté royal du 14/03/1859 et par décret épiscopal du 23/06/1859. Toutefois, Isnes-les-Dames, dépendant de Bossière, faisait déjà partie du doyenné de Gembloux, tandis qu'Isnes-Sauvage, relevant de Temploux, était englobée dans le doyenné de Namur.
Les Isnes ont été classés dans le secteur paroissial de Gembloux par décret épiscopal du 08/12/1978, entré en application le 01/01/1979. 

1859: la construction de l'église

Cliquez pour agrandir l'imageDès 1848, un fermier des Isnes, Alexandre Vanderesse, homme vertueux et très attaché à la religion, fit de nombreuses démarches en vue de la construction d'une église.
Le conseil communal prit, le 16/09/1857, une délibération qui fut décisive dans l'érection de la commune en paroisse. Un arrêté royal du 14/03/1859 consacra cette indépendance religieuse: "Vu les délibérations des conseils de fabrique des succursales de Temploux et de Bossière, auxquelles la commune des Isnes ressortit en partie (...) La commune des Isnes formera la circonscription d'une église succurasale de ce nom." La succursale  - terme administratif de paroisse - des Isnes fut placée sous le vocable de Saint Hadelin, dont la fête se célèbre le 13 février.

L'église paroissiale Saint-Hadelin se dresse à distance à peu près égale des 2 grandes parties du village (Isnes-les-Dames et Isnes Sauvage). Elle a été construite en brique et en pierre bleue (1858-1859). Elle s'inspire du néo-classique et possède 3 nefs.
Le maître-autel, en bois, s'apparente au baroque.

Pour la construction, le plan et le devis s'élevaient à 20309,96 F. La commune ne disposant que de 14000 F dû solliciter un prêt de 6309,96 F.

Le 11/01/1858, adjudication pour la confection des briques:
  * briques cuites sur le terrain connu de l'entrepreneur.
  * Tranchée large de 9m, profonde de 1m50 et longue de 40m, le long du chemin nord vers le levant.
  * 600.000 briques dans la première moitié de 1858.
  * aucune indemnité à l'entrepreneur si les briques ne conviennent pas.
  * chaque briqueterie payable dans les 15 jours suivant réception.
  * briques de 8 pouces sur4 sur 2
  * l'entrepreneur répond de 2/3 des briques qui serviront pour les murs extérieurs.
  * soumissionnaire: Thomas Legraine de Baisy-thy: 7,25 f le mille.
  * le conseil fournira l'eau dans un puit ou dans une fosse,
  * avec bourriquet ou la charriée si elle venait à manquer.

Le 20/05/1861, aménagement du cimetière:
  * 182,25 m3 de maçonnerie: 1640,25 f
  * 2 pierres de taille: 100 f
  * barrière: 180 f
  * pavement devant l'église: 455 f
  * gazonnement: 20 f

Le 11/11/1861: demande de subside pour l'achat d'une cloche
Le 24/01/1862: demande de surélever la tour de l'église: 512 f
Le 02/07/1869: demande de subside pour l'achat d'un orgue.

Le mobilier

Cliquez pour agrandir l'imageLes autels latéraux, en marbre, sont dédiés, l'un à la Vierge Marie et l'autre à Saint Hadelin (dont des reliques ont été données à l'église des Isnes par l'évêché de Liège en 1897).
Ces autels, datant du XVIIIe, proviennent peut-être d'un autre sanctuaire. Ils ont été complètement restaurés en 1861. L'autel latéral Nord possède un fronton orné d'armoiries (celles des Oultremont ?). A l'autel latéral sud, la statue de saint Hadelin, en bois polychromé, mesure 107 cm.

La chaire de vérité est garnie des bustes des évangélistes. Elle a été sculptée par Augustin Duvivier, de Jemeppe-sur-Sambre, vers 1867. 

Les confessionnaux, en chêne, s'inspirent de Louis XV (troisième quart duXIXe). 

Un crucifix, en bois polychromé et en stuc (XVIIIe) possède un socle orné de l'Agneau mystique.

Les fonts baptismaux sont en calcaire, mais leur couvercle est en laiton (XVIIIe).

Un tableau représente l'ange gardien. Il a été peint par Englebert Fisen, de Liège, en 1721 ou 1727.

Le lundi 14/06/1976, un nouveau coq, oeuvre de Fernand Piette, a été placé sur la flèche de l'église. Il est en cuivre recouvert d'une feuille d'or. Il pèse 4 kgs.

Les différents curés

Cliquez pour agrandir l'image1) Pierrard Léonard: mai 1859 à septembre 1870
2) Mathias Dieudonné: octobre 1870 à mars 1876
3) Devos Honoré: janvier 1876 à septembre 1881
4) Honincks Eugène: octobre 1881 à août 1891
5) Grégoire Edmond: septembre 1891 à novembre 1894
6) Jallay Octave: septembre 1894 à janvier 1902
7) Delsauvenière Michel: février 1902 à juillet 1937
8) Graff Arthur: septembre 1937 à juillet 1952
9) Collard Albert: 1952 à 1964
10) Mathot Robert: 1964 à  ?
11) Pelletier Didier: ?
12) ? 

1938, congrès eucharistique

Cliquez pour agrandir l'imageLe dimanche 26/06/1938, le Congrès Eucharistique du doyenné de Gembloux s'est tenu aux Isnes. Il fut présidé par Mr le Vicaire général Collard qui, le matin, distribua la sainte communion à une foule considérable.
Programme du jour:
  * 4h30 (!) et 6H messes basses
  * 7h00 messe basse de communion célébrée par le Vicaire général Collard
  * 10h00 grand' messe solennelle célébrée par le Doyen de Gembloux. Le jubé était occupé par une importante délégation de la chorale de Gembloux  sous la direction de M.Poskin.
  * 15h00 place communale, souhaits de bienvenue à toutes les délégations paroissiales (3000 personnes !).
Le cortège, ouvert par une imposante cavalerie, se déroula ensuite dans les rues de la localité. Cette procession se termina à l'église par la profession de foi et le chant du crédo.

1953, bénédiction des cloches

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La cérémonie

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Saint Hadelin, Patron des Isnes.

Cliquez pour agrandir l'imageSaint Hadelin, nous l'avons déjà précisé, est le patron de la paroisse des Isnes. Sa statue est placée à l'église sur un remarquable autel en marbre. Il est l'objet de la vénération non seulement des paroissiens mais encore des habitants de la région qui venaient autrefois en grand nombre assister aux offices des Isnes en la fête de Saint Hadelin. Cette fête est célébrée le 13/02 dans le diocèse de Namur (le 03/02 dans celui de Liège).
Né vers 617 en Aquitaine de parents nobles, Hadelin quitta sa patrie et tout ce qu'il possédait dans le monde pour embrasser la pénitence en l'abbaye de Solignac en Limousin, sous la discipline de saint Remacle.
Lorsque vers 648 le roi Sigebert III fonda non loin de Bouillon le monastère de Cugnon, il pria Remacle d'y prendre la charge abbatiale; Hadelin y suivit son abbé. Plus tard, Hadelin se retira dans la vallée de la Lesse, non loin de Dinant, avec quelques compagnons. Les libéralités de quelques seigneurs lui permirent de fonder un monastère qui prit le nom de Celles. Dans la suite, il s'y forma un bourg du même nom.
Hadelin Mourut vers l'an 690, consumé par ses austérités et par les fatigues de son apostolat dans le Condroz et les Ardennes. Son corps fut inhumé dans l'église de Celles. En 1046, les reliques furent placées dans une châsse dont les faces reproduisent des faits miraculeux de sa vie.
En 1338, les chanoines de Celles quittèrent l'ancien monastère pour s'installer à Visé avec la châsse de Saint Hadelin. 

1er acte de mariage



1er acte de décès


Achat de la première cloche


Achat des confessionnaux




Harry MICHEL 2007.samedi 21 novembre 2009