BOB LE PARA BELGE

Robert-François SCHILS, dit Bob, est né à AISEAU le 04/01/1920. Ses parents ont ensuite déménagé et se sont installés aux Isnes (Florival) où Bob a passé une grande partie de sa jeunesse.
Blessé au combat en mai 1940, rejoignant l'Angleterre il est parmi les premiers volontaires belges brevetés parachutistes le 17/01/1942.
Il sera en février 1947 le premier belge breveté "dispatcher" (instructeur de saut) à Upper Heyfford en Angleterre.

                                                                            25/03/1948 - 50 ième saut en parachute.
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Extrait du livre "La piste du risque". (Colonel e.r. Jean MILITIS)

"Appartenant à la légende et aux réalités de la guerre comme à celles du temps de paix, une des figures les plus marquantes est celle de Bob SCHILS.

Un grand Monsieur, pionnier des parachutistes, il fut de la première session brevetée à RINGWAY (Angleterre). Parachuté plusieurs fois en opérations, fait prisonnier à BOIS-SAINT-JEAN en septembre 1944 et se débarrassant de ses 2 gardiens allemands par un coup de "close combat", RSM (responsable des sous-officiers) de centre de parachutage puis du centre commando, il subit volontairement l'entraînement en chute libre et l'entraînement commando à 43 ans.

Bob SCHILS deviendra de 1947 à 1957 un des piliers de l'entraînement parachutiste à SCHAFFEN. RSM du 3e bataillon Para-Commando et instructeur de survie à KAMINA (Congo) de 1957 à 1960, il sera mon proche collaborateur à MARCHE-LES-DAMES."


 

Le premier saut.

11 janvier 1942, un vieux train de banlieue progresse en direction d'ALTRINGHAM. Dans le compartiment en bois, encombré de de kit-bags, 20 jeunes belges enthousiastes se livrent au jeu des devinettes. En effet, l'avant-veille, à HAREFORS, le major CUMONT s'était contenté de lire à ses hommes une note qu'il venait de recevoir. Le ministère demandait 20 volontaires pour des missions spéciales mais se gardait bien de préciser lesquelles.
Lorsque la locomotive s'immobilise, les conversations s'arrêtent. Les hommes descendent sur le quai où ils sont accueillis par un capitaine anglais. Un détail intrigue les belges: ils remarquent que l'officier a un pied emprisonné dans le plâtre. "Accident de football mon capitaine ?" -" Non parachute !".
30 minutes plus tard, les 20 belges, en tenue de gymnastique, bondissent sous les ordres de leurs instructeurs: course à pied, sauts roulés, cascades et autres exercices. A minuit, enfin, on les autorise à regagner leur chambrée, ce qu'ils font pratiquement sur les genoux ! Le lendemain, à 6 heure du matin, tout recommence. C'est dans ces conditions que ces hommes, APRES UN JOUR ET DEMI DE PREPARATION, vont effectuer leur premier saut !
Finalement, le stage se termina avec 60 % de pertes. Ils furent 8 à recevoir le brevet de parachutiste. Le Lt Marcel Leclef, le sergent Schils, le caporal Lesage, le lance-caporal Pus et les soldats Barette, Budts, Verelst et Pietquin. Huit hommes, les premiers !
Fin août 44, la petite équipe de Bob Schils fut parachutée avec 2 jeeps dans la région de WIBRIN où, en principe, des maquisards devaient l'accueillir. Bob connut l'une des émotions les fortes de son existence: il cheminait sur la route Wibrin-Samrée lorsqu'il rencontra un groupe de 7 ou 8 "SS". Le temps de se rendre compte de ce qui se passait, une fraction de seconde, et il fut désarmé. Les allemands se mirent à discuter et décidèrent d'éliminer Bob. Deux d'entre eux le saisirent par les bras pour le conduire dans les bois proches. Désirant gagner du temps, Bob leur offrit une cigarette qu'ils acceptèrent. Tandis qu'il leur donnait du feu, il saisit un tire-bouchon caché dans l'une de ses poches et l'enfonça de toutes ses forces dans la nuque de son premier gardien. Presque en même temps, il donna un violent coup de pied dans le bas-ventre du second "SS". Il parvient alors à s'échapper.
Soldat dans l'âme, Bob SCHILS, connut encore bien d'autres aventures. Il ne quitta l'armée qu'en 1964 après avoir reçu le premier brevet d'instructeur de saut en parachute décerné en Belgique. Il devint le plus célèbre RSM de toute l'histoire des parachutistes belges et remplit ensuite les mêmes fonctions chez les Commandos où il obtint son béret vert sans la moindre difficulté. Quelques mois avant de quitter l'armée, il ajouta à son volumineux dossier le brevet de chute libre.       

Souper d'adieu

La signature de Bob se trouve en haut à gauche.


Harry MICHEL 2007.samedi 21 novembre 2009